Créer un bot Telegram avec BotFather, le guide complet
David TouzetMise à jour le 13 août 202612 min de lectureCréer un bot Telegram prend littéralement 2 minutes, et tous les tutoriels vous le montrent. Ce que presque aucun ne dit, c’est que votre bot est public dès sa création, que n’importe qui peut lui écrire, et qu’il faut un réglage précis pour que ça reste le vôtre. Voici la procédure complète, le réglage manquant, et la connexion à une automatisation.
- Étape 1 · Trouver le bon BotFather
- Étape 2 · Créer le bot en 2 messages
- Étape 3 · Le jeton, et pourquoi il vaut un mot de passe
- Étape 4 · Ce que votre bot ne fait pas encore
- Étape 5 · Brancher le bot sur n8n
- Étape 6 · Le réglage que presque tous les tutoriels oublient
- Étape 7 · Finir la configuration du bot
- Étape 8 · Par où commencer, concrètement
Trouver le bon BotFather
BotFather est le robot officiel de Telegram qui fabrique tous les autres. Il n’y a rien à installer.
Ouvrez Telegram, sur ordinateur de préférence, c’est plus confortable pour copier un jeton. Dans la barre de recherche, tapez botfather.
⚠ Plusieurs comptes portent ce nom, et un seul est le bon. Choisissez celui qui affiche la coche bleue de vérification. Les autres sont des imitations, et donner ses informations à l’un d’eux revient à donner les clés de son bot.
Ouvrez la conversation et appuyez sur Démarrer. Il affiche alors la liste de ses commandes. Vous n’en utiliserez que 2 ou 3.
Créer le bot en 2 messages
Envoyez la commande suivante.
/newbot
BotFather pose alors 2 questions, dans cet ordre, et la différence entre les deux compte.
1. Le nom d’affichage. C’est ce que les gens verront en haut de la conversation. Il est libre, les espaces et les accents sont acceptés, et il se change plus tard.
Assistant Devis Martin
2. L’identifiant. C’est l’adresse du bot, l’équivalent d’un nom d’utilisateur. Il est définitif et il obéit à 3 règles.
- Il doit se terminer par bot.
- Il ne peut contenir que des lettres, des chiffres et des tirets bas. Pas d’espace, pas de tiret simple, pas d’accent.
- Il doit être unique sur tout Telegram.
✅ assistant_devis_martin_bot
✅ DevisMartinBot
❌ assistant-devis-martin-bot le tiret simple est refusé
❌ assistant devis martin bot les espaces sont refusés
❌ devis_bot déjà pris depuis longtemps
Les identifiants courts et évidents sont pris depuis des années. Prévoyez d’essayer 3 ou 4 variantes, c’est normal.
Une fois validé, BotFather confirme la création et vous renvoie un lien vers votre bot et un jeton.
Le jeton, et pourquoi il vaut un mot de passe
Le jeton ressemble à ceci, une suite de chiffres, deux points, puis une longue chaîne.
8123456789:AAH_ceci_est_un_exemple_ne_lutilisez_pas_xxxxx
⚠⚠ Ce jeton n’est pas une clé de lecture, c’est un contrôle total. Quiconque l’obtient peut lire tous les messages que reçoit votre bot, écrire en son nom auprès de vos contacts, et le supprimer.
Les 4 endroits où il ne doit jamais aller.
Une capture d’écran, même floutée à la va-vite. Un dépôt de code, même privé, parce qu’un dépôt change de statut. Un e-mail ou un message, qui reste stocké des années. Et une barre d’adresse de navigateur, dont le contenu est journalisé.
Où il doit aller. Dans le champ prévu de votre outil d’automatisation, ou dans une variable d’environnement sur votre serveur. Nulle part ailleurs.
S’il a fuité, la réparation prend 30 secondes.
/mybots → choisir le bot → API Token → Revoke current token
Un nouveau jeton est émis et l’ancien cesse immédiatement de fonctionner. Pensez ensuite à le remplacer dans tous les outils qui l’utilisaient, sinon ils s’arrêteront sans message clair.
Ce que votre bot ne fait pas encore
C’est le point où beaucoup de gens se demandent si quelque chose a raté.
Ouvrez le lien que BotFather vous a donné, appuyez sur Démarrer, écrivez un message. Il ne se passe rien.
C’est normal, et ce n’est pas une panne.
BotFather ne crée qu’une identité. Un nom, une adresse, une clé. Il ne crée aucune intelligence et aucun comportement.
Pour que le bot réponde, il faut un programme qui tourne quelque part et qui, en permanence, demande à Telegram s’il y a du nouveau, puis décide quoi répondre. Ce programme, c’est votre automatisation, votre agent, ou votre code.
C’est exactement pour ça qu’un bot Telegram est un canal, pas un produit. Il transporte, il ne pense pas. Le choix de ce qu’on met derrière est une autre décision, cf agent IA ou automatisation, comment choisir.
Brancher le bot sur n8n
n8n est l’outil que nous utilisons pour ce genre de branchement. La connexion prend 2 minutes.
1. Ajoutez un déclencheur Telegram dans un flux, réglé sur la réception d’un message.
2. Créez l’identifiant de connexion. Dans le menu déroulant des identifiants, choisissez d’en créer un nouveau. Un seul champ est demandé, le jeton d’accès. Collez celui de BotFather et enregistrez.
n8n teste la connexion immédiatement. Au vert, c’est branché.
3. Lancez le flux en mode test, puis écrivez à votre bot depuis Telegram. Le message doit apparaître dans n8n en quelques secondes.
⚠ Si rien n’arrive, c’est presque toujours la même cause. Telegram envoie les messages vers une adresse publique. Un n8n installé sur votre ordinateur n’en a pas, donc Telegram parle dans le vide.
Il faut alors exposer une adresse publique, avec un outil de tunnel, ou héberger n8n sur un serveur. Et un détail vécu par beaucoup, si le tunnel a été relancé, son adresse a changé, il faut refaire la connexion. Redémarrer le tunnel règle une grande partie des cas où le déclencheur écoute sans jamais rien recevoir.
Le réglage que presque tous les tutoriels oublient
Voici la section la plus importante de cette page, et celle qui manque partout.
Votre bot est public. Il l’est dès sa création, et il n’existe aucun réglage pour le rendre privé.
Quiconque connaît son identifiant peut lui écrire. Et si votre bot est branché sur une automatisation qui interroge une IA, cette personne consomme votre budget, déclenche vos scénarios, et peut voir vos réponses.
La protection ne se règle pas dans Telegram. Elle se règle dans votre automatisation, en filtrant sur l’identifiant de conversation.
Comment récupérer le vôtre. Écrivez un message à votre bot, regardez la sortie du déclencheur dans n8n, et relevez le champ message.chat.id. C’est un nombre. C’est vous.
Puis posez le filtre juste après le déclencheur. Dans n8n, un nœud conditionnel suffit.
Nœud IF, juste après le déclencheur Telegram
Valeur 1 {{ $json.message.chat.id }} (type nombre)
Opération est égal à
Valeur 2 123456789 (votre identifiant)
Branche vraie → la suite du flux
Branche fausse → ne rien faire, ou répondre poliment que l'accès est réservé
Sans ce filtre, n’importe qui tombant sur votre bot fait tourner votre automatisation à vos frais. Avec lui, il peut toujours écrire, et rien ne se déclenche.
Si plusieurs personnes doivent y accéder, remplacez l’égalité par une liste d’identifiants autorisés. Le principe reste le même, on autorise nommément, on ne bloque pas au cas par cas.
Finir la configuration du bot
Retour dans BotFather pour la présentation, qui prend 5 minutes et change beaucoup l’impression donnée.
/mybots → choisir le bot → Edit Bot
Vous y trouverez de quoi régler le nom affiché, la description qui apparaît avant le premier message, le texte de la fiche, et la photo de profil.
Le réglage le plus utile est le menu de commandes. Il fait apparaître un bouton de menu dans la conversation, ce qui évite à vos utilisateurs de deviner quoi écrire.
Choisissez Edit Commands, puis envoyez la liste dans ce format, une commande par ligne.
devis - Demander un devis
horaires - Connaître nos horaires d'ouverture
contact - Parler à quelqu'un
⚠ Attention, déclarer une commande ne la fait pas fonctionner. Elle apparaît dans le menu, et c’est tout. C’est votre automatisation qui doit reconnaître le texte reçu et agir en conséquence. Une commande affichée qui ne répond pas donne une très mauvaise impression, alors ne déclarez que ce que vous avez traité.
2 autres options méritent d’être connues. Transfer Ownership, pour donner le bot à un autre compte, utile quand un prestataire le crée pour un client. Et Delete Bot, définitif.
Par où commencer, concrètement
4 gestes, dans cet ordre, et le troisième est celui qu’on saute à tort.
1. Créez le bot avec /newbot. 2 minutes. Prévoyez plusieurs variantes d’identifiant.
2. Rangez le jeton dans votre outil, et nulle part ailleurs. Si vous l’avez collé quelque part par réflexe, révoquez-le tout de suite et recommencez, ça coûte 30 secondes.
3. Posez le filtre sur l’identifiant de conversation avant de brancher quoi que ce soit de coûteux derrière. C’est l’étape qu’on repousse et qu’on oublie.
4. Ensuite seulement, branchez l’automatisation et déclarez vos commandes.
Une remarque pour finir, sur le choix du canal lui-même. Telegram est de loin le plus simple à brancher, parce qu’il donne un jeton en 2 minutes sans validation ni compte professionnel. C’est un excellent terrain d’essai. Ce n’est pas forcément là que sont vos clients, cf notre comparaison entre WhatsApp, Messenger et Telegram, et notre prestation d’agents IA si vous préférez qu’on s’en charge.
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