Liens de second niveau, ce qui arrive vraiment jusqu’à vous
David TouzetMise à jour le 14 août 202611 min de lectureAcheter des liens vers vos liens est présenté comme le raffinement du netlinking. L’idée est séduisante, elle a un nom savant, et personne ne fait le calcul. Voici ce qui arrive réellement jusqu’à votre page après 2 sauts, le script qui mesure vos propres liens, et les 2 situations où la méthode se justifie.
Le principe, en une image
Vous avez obtenu un lien depuis un article. Cet article vous transmet de la valeur, mais il n’en a pas beaucoup lui-même, parce que personne ne le cite.
L’idée du second niveau est de nourrir cet article. On achète des liens qui pointent vers lui, pour qu’il devienne plus fort, et qu’il vous transmette davantage.
Le vocabulaire du métier parle de tier 1 pour la page qui vous cite, et de tier 2 pour les pages qui citent cette page. Certains descendent jusqu’au tier 3.
Le raisonnement est juste. La valeur circule bien de proche en proche, c’est le fondement même du calcul de Google.
Ce qui manque à l’argumentaire, c’est l’ordre de grandeur.
Le calcul que personne ne vous montre
2 mécanismes réduisent ce qui arrive jusqu’à vous, et ils se multiplient.
Le premier est la déperdition. La formule d’origine applique un facteur d’environ 0,85 à chaque saut. Une page ne transmet donc pas 100% de ce qu’elle vaut, mais 85%. C’est détaillé dans notre article sur ce que vaut vraiment un lien, cf PageRank, ce que vaut vraiment un lien.
Le second est le partage, et c’est le plus violent. Cette valeur se divise entre tous les liens sortants de la page. Une page qui fait 40 liens ne vous donne pas 40 fois ce qu’elle donnerait avec 1 seul lien, elle vous donne 40 fois moins.
Ce qui arrive jusqu’à vous après 2 sauts s’écrit donc à peu près comme ça.
La valeur de la page de second niveau, multipliée par 0,85, divisée par le nombre de liens de cette page. Puis ce résultat, multiplié encore par 0,85, divisé par le nombre de liens de la page de premier niveau.
Un exemple chiffré vaut mieux qu’une formule.
Une page de second niveau qui vaut 1 et fait 30 liens sortants transmet environ 0,028 à votre page de premier niveau. Celle-ci, qui fait 25 liens sortants, vous en retransmet environ 0,001.
Autrement dit, il vous reste à peu près 1 millième de ce que valait la page de départ.
Mesurer vos propres liens
Le chiffre qui compte le plus dans ce calcul est le seul que vous pouvez vérifier vous-même en quelques secondes, et presque personne ne le regarde.
C’est le nombre de liens sortants des pages qui vous citent. Il détermine votre part.
Mettez les adresses des pages qui font un lien vers vous dans un fichier, 1 par ligne.
#!/usr/bin/env bash
# Pour chaque page qui vous fait un lien, compte ses liens sortants
# et estime la part qui vous revient.
# La part vaut environ 0,85 divise par le nombre de liens de la page.
#
# Usage : ./part-de-mes-liens.sh mes-backlinks.txt
FICHIER="${1:-mes-backlinks.txt}"
printf '%-8s %-12s %s\n' "LIENS" "VOTRE PART" "PAGE"
while read -r page; do
[ -z "$page" ] && continue
n=$(curl -sL --max-time 25 "$page" \
| grep -o '<a [^>]*href="https\?://[^"]*"' \
| wc -l)
part=$(awk -v n="$n" 'BEGIN { if (n > 0) printf "%.4f", 0.85 / n; else print "0" }')
printf '%-8s %-12s %s\n' "$n" "$part" "$page"
done < "$FICHIER"
Comment lire le résultat.
Une page à 5 liens sortants vous transmet environ 0,17 de ce qu’elle vaut. La même page à 80 liens vous en transmet 0,01, soit 17 fois moins.
C’est le critère le plus rentable à regarder avant d’acheter un lien, et il est gratuit. Une page d’annuaire ou une page fourre-tout qui aligne 120 liens sortants ne vous donnera presque rien, quel que soit son score dans les outils du marché.
À l’inverse, un article de fond qui fait 4 ou 5 liens choisis vous en donne une part réelle.
Le risque qu’on ne vous dit pas
Le second niveau a un défaut que le premier niveau n’a pas, et il est structurel.
Les liens de second niveau sont presque toujours achetés en volume, souvent automatisés, souvent sur des sites de faible qualité. C’est même l’argument de vente, ils coûtent peu cher.
Or Google neutralise ce genre de motifs depuis des années. Le système repère un schéma artificiel et annule sa valeur plutôt que de sanctionner, la plupart du temps.
⚠ Mais il y a un effet de bord que peu de gens anticipent. Quand un schéma de second niveau est identifié comme artificiel, ce n’est pas seulement lui qui est dévalué. La page de premier niveau qui en bénéficiait peut l’être aussi.
Vous aviez un bon lien, il fonctionnait, et vous l’avez abîmé en essayant de l’améliorer.
C’est le paradoxe de la méthode. Elle s’applique par définition à vos meilleurs liens, donc c’est exactement ce que vous avez de plus précieux que vous mettez en jeu.
Les 2 cas où ça se justifie
Tout n’est pas à jeter, et il existe 2 situations où le raisonnement tient.
1. Maintenir un article qui descend dans la pagination. Un article sponsorisé publié sur un média reste en page d’accueil de sa catégorie quelques semaines, puis descend, puis n’est plus lié par personne. Il reçoit alors de moins en moins, et vous transmet de moins en moins. Un ou deux liens éditoriaux vers cet article le maintiennent en vie. C’est l’usage le plus défendable.
2. Renforcer une page de premier niveau très bien placée mais orpheline. Il arrive qu’un article se positionne bien sur une requête qui vous intéresse, alors que personne ne le cite. Le renforcer a du sens, parce que le potentiel est déjà démontré.
Dans les 2 cas, la condition est la même. Les liens de second niveau doivent être éditoriaux et peu nombreux, pas achetés en lot sur un réseau. Sinon vous rentrez dans le motif décrit plus haut.
Une règle de bon sens pour trancher. Si vous ne mettriez pas ce lien de second niveau vers votre propre site, ne le mettez pas vers l’article qui vous cite.
Ce qu’il vaut mieux faire du même budget
Voici la comparaison qui décide, et elle n’est pas favorable au second niveau.
Un seul lien direct depuis une page qui fait peu de liens sortants vous apporte, dans les ordres de grandeur vus plus haut, ce que plusieurs dizaines de liens de second niveau vous apporteraient.
Et il a 3 avantages que le second niveau n’a pas. Il vous appartient, il apporte des visiteurs, et il ne met pas en danger un actif existant.
Le second niveau est un réglage fin. Il se justifie quand le premier niveau est déjà solide et que vous cherchez à en tirer le dernier pourcent. Il ne remplace jamais un bon lien direct, et il ne rattrape jamais un profil de liens faible.
⚠ Et il ne rattrape surtout pas un site mal construit. Un site que Google explore mal ne profitera d’aucun de ces niveaux. La question à se poser avant d’acheter quoi que ce soit reste la même, cf notre prestation référencement.
Par où commencer
3 gestes, du plus rapide au plus lent.
1. Passez le script sur vos liens actuels. Vous verrez immédiatement lesquels vous transmettent quelque chose et lesquels sont noyés dans 100 liens sortants. C’est souvent la surprise du jour.
2. Avant tout achat, demandez à voir la page exacte. Pas le site, la page. Comptez ses liens sortants. Ce seul réflexe élimine la moitié des offres.
3. Gardez le second niveau pour la maintenance. Un article qui vous rapportait et qui s’essouffle, oui. Une campagne de second niveau à l’ouverture d’un site, non.
Le netlinking récompense rarement l’astuce. Il récompense la page qui méritait d’être citée, cf Linkbaiting, obtenir des liens sans les acheter.
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