Site prêt pour les agents IA, le test en 6 points
David TouzetMise à jour le 8 août 202612 min de lectureVotre site est lisible par un humain. La question n’est plus celle-là. Un assistant IA qui prépare un achat pour son utilisateur doit trouver seul votre prix, votre stock, vos frais de port et vos conditions. S’il n’y arrive pas, il ne vous appelle pas, il vous écarte de la comparaison. Voici les 6 points à vérifier, du plus décisif au plus fin, et vous pouvez faire le premier en 30 secondes.
- Point 1 · Le catalogue, votre inventaire vu par une machine
- Point 2 · Les données structurées, le mode d’emploi de votre page
- Point 3 · Le prix et le stock, en temps réel et lisibles sans script
- Point 4 · Les 5 façons dont une machine rate votre page
- Point 5 · Les conditions, écrites pour être extraites
- Point 6 · Les signaux de confiance, ce qui départage à prix égal
- Point 7 · La citabilité, exister dans la réponse et pas seulement sur le web
Le catalogue, votre inventaire vu par une machine
On commence par le socle, parce que rien ne tient sans lui.
Un agent ne parcourt pas votre site comme un client. Il veut une liste complète et à jour de ce que vous vendez, avec pour chaque article de quoi le distinguer sans ambiguïté.
Les 3 défauts qu’on rencontre à chaque audit.
- Le catalogue partiel. Seuls les articles mis en avant sont réellement décrits, le reste est une page presque vide. La machine ne voit alors qu’une fraction de votre offre.
- L’identifiant instable. La référence change à chaque mise à jour du site, ou n’existe pas. L’agent ne peut plus reconnaître qu’il s’agit du même produit d’une fois sur l’autre, ni le comparer ailleurs.
- Les doublons. Le même article existe sous 3 fiches, parce qu’il a été importé plusieurs fois. La machine y voit 3 produits concurrents, dont 2 avec de mauvaises informations.
Pourquoi l’identifiant compte autant. Les grands acteurs regroupent les fiches qui désignent le même article pour éviter d’afficher 5 fois la même chose. Un produit sans référence reconnaissable reste hors de ce regroupement, donc hors de la comparaison.
Les données structurées, le mode d’emploi de votre page
C’est le point le plus technique, et il s’explique en une image.
Sur votre page, un humain comprend que 39 € est un prix parce qu’il est gros et à côté du bouton. Une machine, non. Les données structurées sont un petit texte invisible qui accompagne la page et qui dit, en clair, ceci est un produit, ceci est son prix, ceci est sa disponibilité.
Sans ce mode d’emploi, la machine doit deviner. Elle devine parfois juste, souvent mal, et de plus en plus rarement se donne la peine d’essayer.
Ce qu’il faut y mettre au minimum. Le nom, la description, l’image, la marque, le prix, la devise, la disponibilité, et l’identifiant dont nous parlions au point précédent.
L’erreur classique, et elle coûte cher. Un balisage impeccable qui décrit un stock disponible alors que l’article est épuisé. Vous venez d’apprendre à la machine à vous croire, puis vous lui avez menti. Une information structurée fausse est pire qu’une information absente, parce qu’elle est reprise sans vérification.
Nous détaillons la mécanique dans notre guide des données structurées.
Le prix et le stock, en temps réel et lisibles sans script
Voici le point où la majorité des sites de PME échoue, et il se teste gratuitement.
Le test. Désactivez le JavaScript dans les réglages de votre navigateur, puis rechargez une page produit. Regardez ce qui reste.
Sur beaucoup de sites, le prix disparaît. Parfois le stock aussi, parfois le bouton d’achat. La raison est technique et parfaitement logique, ces informations sont chargées après coup pour rester justes et gérer les variantes. Pour un client qui attend une seconde, c’est invisible. Pour une machine qui lit ce qui est livré immédiatement, ça n’existe pas.
Le remède n’oblige pas à tout refaire. Il consiste à écrire aussi l’information dans la page servie, en plus de l’affichage dynamique. Les 2 coexistent sans se gêner.
Et la fraîcheur compte autant que la présence. Un catalogue mis à jour une fois par nuit était acceptable quand un humain vérifiait avant de commander. Un agent qui recommande un article épuisé fait perdre la vente et abîme la confiance qu’il vous accorde ensuite.
Les 5 façons dont une machine rate votre page
Point ajouté après avoir regardé un test public qui mesure exactement ça. Un chercheur a semé des repères invisibles sur 10 pages piégées, chacune reproduisant une façon connue de rendre un contenu illisible à une machine. On demande à un agent de les retrouver, et on compte.
Les 5 pièges valent d’être connus, parce qu’aucun ne se voit à l’écran.
- Le contenu enterré. La page commence par 80 000 caractères de mise en forme avant le premier mot utile. L’agent lit le début, ne trouve rien, et conclut que la page est vide.
- La coupure. Les outils de lecture s’arrêtent souvent autour de 75 000 ou 130 000 caractères. Tout ce qui suit n’existe pas. C’est le cas des très longues pages de catégorie.
- La page qui se construit après coup. Le contenu n’apparaît qu’une fois les scripts exécutés. L’agent ne voit que l’enveloppe et l’animation de chargement. C’est le cas le plus fréquent sur les sites marchands.
- Une balise mal fermée. Une seule erreur de code peut avaler tout le reste de la page pour un lecteur automatique, alors que le navigateur, lui, rattrape l’erreur et affiche tout normalement.
- Les onglets. Vos caractéristiques techniques sont réparties dans des onglets, et l’agent ne lit que le premier. Il ignore la moitié de votre fiche sans le savoir.
Le résultat qui remet les choses en place. Un assistant du marché testé publiquement a obtenu 13 sur 20. Ce ne sont pas des outils infaillibles qu’il faudrait satisfaire, ce sont des lecteurs approximatifs qu’il faut aider.
Et le détail le plus instructif du test. Les auteurs ont constaté que certains agents annoncent un meilleur score que le leur, parce qu’ils contournent le problème à la main sans que leur outil de lecture ait réellement fonctionné. Autrement dit, demander à une IA si elle a bien lu votre page ne prouve rien. Il faut regarder ce qu’elle en a réellement extrait.
Les conditions, écrites pour être extraites
Livraison, retours, garantie. Ce sont les informations qui font hésiter, donc celles qui décident.
Le problème n’est presque jamais l’absence. C’est la forme. Ces conditions vivent souvent dans un paragraphe rédigé, une image, un document à télécharger, ou une page unique qui mélange 6 sujets.
Ce qu’il faut viser, page par page.
- Les frais de port, avec les seuils, chiffrés et lisibles depuis la fiche produit.
- Le délai, exprimé en jours et non par une formule vague.
- Le retour, sa durée, qui paie, et sous quelles conditions.
- La garantie, sa durée réelle.
Le test qui ne trompe pas. Demandez à un assistant IA quels sont vos frais de port au-dessus de 50 €. S’il se trompe, ou s’il répond qu’il ne trouve pas, un client vient d’avoir la même réponse.
Ce point a un effet secondaire agréable. Des conditions claires font baisser les questions au service client, chez les humains aussi.
Les signaux de confiance, ce qui départage à prix égal
Imaginez 2 offres identiques, même produit, même prix, même délai. Sur quoi la machine tranche-t-elle ?
Sur ce qu’elle arrive à vérifier. Une machine ne fait pas confiance à une belle page, elle contrôle ce qui est contrôlable.
- Une identité cohérente. Le même nom d’entreprise, la même adresse, le même numéro partout, sur le site, sur les annuaires, dans les mentions légales. Une incohérence est un signal négatif, même minuscule.
- Des avis réels et rattachables, plutôt qu’une note affichée en image sans source.
- Des engagements datés. Pouvoir montrer qu’un prix ou une garantie était bien celle affichée à une date précise.
C’est ici que la preuve devient commerciale. Les techniques de signature et d’horodatage dont nous parlons ailleurs cessent d’être un sujet d’ingénieur, elles deviennent la raison pour laquelle une machine vous choisit. Nous développons ce point dans ce qu’une IA vérifie chez un marchand.
Retenez la règle. Le doute se paie en position. Entre 2 offres équivalentes, l’agent prend celle sur laquelle il a le moins d’incertitude.
La citabilité, exister dans la réponse et pas seulement sur le web
Dernier point, et c’est le prolongement direct de votre référencement.
Être lisible ne suffit pas si personne ne va vous chercher. Il faut aussi que les assistants vous citent quand on leur pose une question de votre métier.
Ça se vérifie facilement, et vous devriez le faire une fois par mois.
- Posez à 2 ou 3 assistants les questions que vos clients posent vraiment.
- Notez si vous apparaissez, et sous quelle forme.
- Regardez qui apparaît à votre place. C’est votre concurrence réelle sur ce canal, et elle n’est pas toujours celle que vous croyez.
Ce qui fait remonter, c’est la même chose qu’avant, en plus exigeant. Du contenu qui répond précisément, des faits vérifiables, des sources, et une cohérence entre ce que vous dites de vous partout.
Et une remarque qui remet tout en perspective. Le trafic venu des IA convertit désormais mieux que le trafic classique, et rapporte davantage par visite. Ces visiteurs arrivent plus avancés dans leur décision. Ce sont, en volume, vos meilleurs visiteurs. Il serait dommage qu’ils se heurtent à une page dont le prix ne s’affiche pas.
Pour aller plus loin
Les pages qui complètent celle-ci.
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