Vitesse d’un site de commerce local, par où commencer vraiment
David Touzet10 août 20268 min de lectureLes conseils de vitesse sont écrits pour des sites à fort trafic, avec une équipe technique. Un commerce local n’a ni l’un ni l’autre, et souvent aucune donnée chez Google. Voici les 5 corrections qui comptent vraiment dans cette situation, dans l’ordre, sans refonte et sans budget.
- Étape 1 · Acceptez de n’avoir aucune donnée, c’est normal
- Étape 2 · Les images, et ça règle 9 problèmes sur 10
- Étape 3 · Les 2 pièges d’image que personne ne voit
- Étape 4 · Les extensions oubliées, le 2e poste
- Étape 5 · Les scripts extérieurs, ceux qu’on ne voit pas
- Étape 6 · Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Acceptez de n’avoir aucune donnée, c’est normal
Commençons par là, parce que c’est la source d’inquiétude numéro un et qu’elle est infondée.
Ce que vous voyez. Vous testez votre site, et la partie haute de l’outil affiche qu’il n’y a pas assez de données. Vous en concluez que quelque chose ne va pas.
Ce qui se passe réellement. Google ne publie des mesures que s’il en a collecté assez auprès de vrais visiteurs. Il faut pour cela un trafic régulier, de l’ordre de plusieurs dizaines de visites par jour. La plupart des sites de commerce local sont en dessous.
Ce que ça change pour vous, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Sans données de terrain, ce critère ne joue pratiquement pas sur votre classement. Vous n’avez donc aucune urgence de ce côté. Le détail du mécanisme est dans ce que Google mesure vraiment.
Ce qui reste utile malgré tout. Un site lent fait fuir les visiteurs que vous avez déjà, et ceux-là vous les payez cher, en publicité ou en travail de référencement. Vous n’optimisez pas pour Google, vous optimisez pour ne pas gâcher ce que vous avez.
Les images, et ça règle 9 problèmes sur 10
Si vous ne devez faire qu’une seule chose, c’est celle-ci. C’est aussi la seule qui ne demande aucune compétence.
Le constat habituel. Une photo prise au téléphone pèse 4 à 6 Mo. Affichée sur un site, elle n’a besoin que de 150 à 300 Ko. Vous envoyez donc 20 fois trop de données à chaque visiteur, et sur mobile en zone mal couverte, ça se compte en secondes.
Les 3 gestes, dans l’ordre.
- Redimensionner avant d’envoyer. Une image large de 2000 pixels suffit très largement. Personne n’a besoin de vos 6000 pixels d’origine.
- Compresser. Un outil gratuit en ligne divise le poids par 5 à 10 sans différence visible à l’œil.
- Déclarer les dimensions. C’est ce qui empêche la page de sauter pendant le chargement. Sur la plupart des systèmes c’est automatique, mais pas quand l’image est posée à la main dans du contenu.
Le cas particulier de la photo d’accueil. C’est presque toujours elle, la mesure d’affichage. La traiter en priorité, seule, produit souvent l’essentiel du gain.
Les 2 pièges d’image que personne ne voit
Ces 2 réglages sont posés par des extensions censées vous aider, et ils produisent l’inverse. Ils valent la peine d’être vérifiés parce qu’ils sont fréquents.
1. Le chargement différé appliqué à l’image principale. Le chargement différé est une bonne pratique, il évite de télécharger les images situées plus bas dans la page tant que personne n’y est arrivé. Mais appliqué à la grande image du haut, il devient absurde, puisqu’on retarde volontairement l’élément que Google chronomètre.
La règle. Différez tout, sauf les premières images visibles à l’ouverture. La plupart des extensions permettent d’exclure les 1 ou 2 premières, c’est le réglage à vérifier.
2. Le conflit de priorité. L’outil de test se plaint parfois qu’il faudrait donner une priorité haute à l’image principale, alors qu’elle l’a déjà. Le cas est déroutant et l’explication est simple. Une extension d’optimisation demande de son côté un chargement anticipé de cette image, sans lui donner la même priorité. Les 2 instructions se contredisent, et le navigateur suit la plus faible.
Ce qu’il faut demander. Que l’instruction de chargement anticipé et la priorité haute portent sur la même image et disent la même chose. C’est une correction de quelques minutes pour qui a la main sur le site, et elle se voit sur l’affichage.
Les extensions oubliées, le 2e poste
C’est le point que personne ne regarde, et il coûte souvent plus cher que les images.
Le scénario type. Un module a été installé pour une opération, un jeu-concours, une bannière saisonnière, un formulaire particulier. L’opération est finie depuis 2 ans. Le module, lui, charge toujours ses fichiers sur chaque page, pour tous vos visiteurs.
Comment faire le tri. Ouvrez la liste de vos extensions et posez une seule question pour chacune, à quoi sert-elle aujourd’hui. Si vous ne savez pas répondre, elle est candidate au retrait.
⚠ Désactiver n’est pas désinstaller. Une extension désactivée ne charge plus rien, mais elle reste là et sera réactivée par erreur un jour. Allez jusqu’à la désinstallation, après sauvegarde.
La règle qui évite d’y revenir. Une extension ajoutée pour une opération temporaire se retire à la fin de l’opération, le jour même. Notez-le dans votre agenda au moment où vous l’installez, sinon ça ne se fera jamais.
Les scripts extérieurs, ceux qu’on ne voit pas
Chaque outil tiers branché sur votre site ajoute du code téléchargé chez quelqu’un d’autre, sur lequel vous n’avez aucune main.
Les suspects habituels sur un site de commerce.
- Les fils de réseaux sociaux intégrés, qui affichent vos dernières publications. Ils sont lourds, et souvent personne ne les regarde.
- Les cartes intégrées, quand elles chargent au démarrage plutôt qu’au clic.
- Les outils de mesure empilés, quand 3 solutions font le même travail parce qu’on n’a jamais retiré les précédentes.
- Les polices d’écriture chargées depuis l’extérieur, parfois 6 variantes quand 2 sont utilisées.
Le test qui tranche. Retirez l’élément, rechargez, regardez la page. Si vous ne voyez pas la différence, vos visiteurs non plus. Et vous venez de gagner du temps de chargement pour rien.
Le cas du bandeau de consentement. Il doit rester, c’est une obligation. Mais certains chargent des mégaoctets de code avant même que le visiteur choisisse. Là, c’est un sujet à poser à votre prestataire, ce n’est pas normal.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Terminons par les 3 fausses bonnes idées, parce qu’elles coûtent plus qu’elles ne rapportent.
1. Courir après le score de 100. Ce chiffre vient d’un test simulé et n’entre pas dans l’évaluation de Google. Pire, certains l’obtiennent en retardant le code jusqu’au premier geste du visiteur, ce qui casse les menus et peut faire voir une page blanche au robot. Tout est expliqué dans le score à 100 et ce qu’il cache.
2. Refaire le site pour gagner une seconde. Une refonte se décide sur la structure, sur la capacité à mettre à jour soi-même, sur ce que le site raconte. Jamais sur une mesure de vitesse. Le rapport entre le coût et le gain n’y est pas.
3. Juger une correction en 48 heures. Les mesures réelles s’étalent sur une fenêtre de 28 jours. Une amélioration mettra donc plusieurs semaines à se voir. Beaucoup de gens défont une bonne correction parce qu’ils n’ont rien vu bouger le lendemain.
Et le seul indicateur qui vous concerne vraiment. Le nombre de demandes reçues. Si le site accélère et que rien ne bouge de ce côté, le frein n’était pas la vitesse, il était dans ce que dit la page. C’est là qu’il faut remettre l’effort.
Ce qu’il vous faut sous la main
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