Page d’atterrissage, la structure qui transforme vraiment
David TouzetMise à jour le 13 août 202614 min de lectureUne page d’atterrissage se joue presque entièrement sur son premier écran, celui qu’on voit sans descendre. La majorité des visiteurs n’iront jamais plus loin, et pourtant c’est la partie sur laquelle on travaille le moins. Voici ce qu’il faut y mettre, dans quel ordre, les 3 erreurs qui coûtent le plus cher, et les chiffres qui circulent sur le sujet et qu’il ne faut surtout pas reprendre.
- Tout se joue avant le premier défilement
- Les 6 éléments du premier écran, dans l’ordre
- Une page longue ne tue pas la conversion
- L’erreur du mobile, replier pour gagner de la place
- Personne ne lit, tout le monde balaie
- Une preuve qui n’en est plus une
- La simplicité bat l’originalité
- Les chiffres de ce dossier, et ce qu’ils valent
- Par où commencer sans attendre
Tout se joue avant le premier défilement
C’est la seule chose à retenir si vous ne lisez rien d’autre.
Le premier écran, celui qui s’affiche sans descendre, est vu par 100% de vos visiteurs. Et environ 60% n’iront jamais plus bas.
Autrement dit, la moitié de votre budget publicitaire se décide sur une surface d’écran, en quelques secondes, avant que quiconque ait lu votre argumentaire.
La conséquence est simple à énoncer et rarement appliquée. L’essentiel de votre travail doit porter sur cet écran-là. Pas sur la section nos valeurs en bas de page que 6 personnes verront ce mois-ci.
Le reste de la page n’est pas inutile. Il sert à convaincre les 40% qui ont accepté de descendre. Mais il ne rattrape jamais un premier écran raté, parce que ceux qui sont partis ne l’ont pas vu.
Les 6 éléments du premier écran, dans l’ordre
Voici la composition qui revient dans les pages qui transforment. L’ordre compte autant que le contenu.
1. Un titre qui dit un bénéfice, pas votre métier. La seule question à laquelle il doit répondre est pourquoi je devrais m’y intéresser. Pas qui vous êtes, pas ce que vous faites. Un bénéfice, un seul, formulé sans jargon.
2. Un sous-titre qui dit qui vous êtes et ce qui vous distingue. C’est là que votre métier a sa place, pas au-dessus.
3. Une preuve sociale visible sans descendre. Avis, chiffres, références. Idéalement 2 formes différentes.
4. Un bouton d’action clair, qui décrit l’action et pas un mot creux.
5. Juste sous le bouton, ce qui lève les craintes. Sans engagement, devis gratuit, réponse sous 24 heures, garantie. Tout ce qui répond aux inquiétudes que quelqu’un a au moment de laisser son numéro.
6. Une image ou une vidéo qui montre le résultat, pas votre bâtiment.
Le point 5 est celui qu’on oublie le plus souvent, et c’est probablement le moins cher à corriger. Une ligne de texte sous un bouton.
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La différence de coût entre les 2 est nulle. La différence de résultat ne l’est pas.
Une page longue ne tue pas la conversion
Le débat sur la longueur idéale d’une page occupe les forums depuis 15 ans. Il est mal posé.
Ce qui tue la conversion est une mauvaise structure, pas la longueur. Une page longue dont chaque section rapproche de la décision transforme mieux qu’une page courte qui ne répond à rien.
Le raisonnement qui remet tout d’aplomb tient en 2 phrases. La publicité sert à obtenir le clic. La page doit faire la vente.
Il n’existe pas de monde où quelqu’un qui ne connaissait ni votre entreprise, ni votre offre, ni votre nom il y a 30 secondes, décide de vous confier un chantier après avoir lu 4 lignes.
Donc une page qui vend a besoin de plusieurs arguments, de plusieurs preuves, de plusieurs réponses aux objections, et de plusieurs occasions de passer à l’action.
Le test à appliquer section par section est le suivant. Est-ce que celle-ci rapproche de la décision. Si la réponse est non, elle sort, qu’elle fasse 3 lignes ou 3 écrans.
L’erreur du mobile, replier pour gagner de la place
Celle-là coûte cher et se corrige en une heure.
Sur mobile, la place manque. Le réflexe est donc de replier, un carrousel pour les avis, un menu déroulant pour les questions fréquentes, un accordéon pour les garanties.
⚠ Ce qui est replié n’est presque jamais ouvert. Le taux d’ouverture de ces éléments est très bas, et il l’est encore plus sur une page publicitaire où le visiteur n’a aucune raison de fouiller.
Vous avez donc rangé vos meilleurs arguments dans un tiroir fermé.
La règle qui en découle. Ce qui doit être vu doit être visible sans aucun geste. Les avis se déroulent, ils ne défilent pas. Les 3 objections principales sont écrites en clair, pas dépliables.
Un carrousel reste acceptable pour des photos de réalisations, où voir la première suffit à comprendre. Il ne l’est jamais pour une preuve ou pour une réponse à une objection.
Personne ne lit, tout le monde balaie
Les visiteurs lisent une petite partie de ce que vous écrivez et balaient le reste. Cherchant une réponse, vite.
D’où une règle d’écriture qui change tout. Écrivez en supposant qu’on ne lira QUE vos titres de section.
Relisez votre page en ne lisant que les titres. Est-ce que l’offre est comprise. Est-ce que le bénéfice apparaît. Si la réponse est non, la page ne fonctionne pas, quel que soit le soin apporté aux paragraphes.
C’est là qu’on trouve l’erreur la plus répandue et la plus facile à corriger, les titres creux.
Nos services. Ce qui nous rend uniques. Comment ça marche. Notre méthode. Ces titres ne disent rien. Ils occupent la seule ligne que la personne va lire, et ils la gaspillent.
Mettez la réponse dans le titre. Pas ce qui nous rend uniques, mais le seul artisan de la région qui refait votre salle de bain sans couper l’eau. Pas comment ça marche, mais devis sous 48 h, chantier en 10 jours.
Le réflexe à garder, penser comme celui qui lit, pas comme celui qui écrit.
Une preuve qui n’en est plus une
Tout le monde répète qu’il faut de la preuve sociale. Personne ne dit qu’elle s’est usée.
Les logos vu dans la presse ne fonctionnent presque plus seuls. Ils sont devenus si courants que le regard les saute. Pire, un bandeau qui répète 3 fois les mêmes logos pour remplir la largeur détruit la confiance qu’il devait construire.
Un avis sans détail vérifiable ne vaut rien non plus. Un prénom seul, sans photo, sans source, peut avoir été écrit par n’importe qui, et le visiteur venu d’une publicité le sait très bien.
Ce qui fonctionne encore, et qui demande un peu de travail.
À côté de chaque logo, une phrase réellement dite par ce média. Une ligne, entre guillemets, avec la date. Ça transforme une décoration en information.
Sur chaque avis, un prénom, une photo, et la source. Google, une place de marché, un annuaire professionnel, peu importe, du moment que quelqu’un peut aller vérifier.
Le principe général vaut au-delà des avis. Une preuve que personne ne peut vérifier n’est pas une preuve, c’est une affirmation.
La simplicité bat l’originalité
Il existe une tentation permanente, sortir du lot par une mise en page inhabituelle.
C’est une bonne idée pour un site vitrine de studio créatif. C’est une mauvaise idée pour une page qui doit transformer.
La raison est connue en ergonomie. Les visiteurs passent l’essentiel de leur temps sur d’autres sites que le vôtre, et ils arrivent avec les repères pris ailleurs. Une page qui s’écarte de ces repères les oblige à réfléchir pour comprendre où cliquer. Réfléchir coûte un effort, et l’effort fait partir.
Le corollaire porte sur le nombre d’options. Trop de choix équivaut à aucun choix. Trois boutons différents, cinq liens dans le menu, deux formulaires et un chat qui s’ouvre tout seul produisent une page où personne ne fait rien.
Une page d’atterrissage n’a qu’une seule action possible. Tout ce qui permet de partir ailleurs, y compris votre propre menu de navigation, travaille contre elle.
Un ordre visuel clair règle le reste. Le titre domine, le sous-titre est plus discret, le bouton est le seul élément coloré vif de l’écran. Si tout attire l’œil, rien ne l’attire.
Les chiffres de ce dossier, et ce qu’ils valent
Cette section n’existe presque jamais dans les articles sur le sujet, et elle devrait.
La matière ci-dessus vient en grande partie de praticiens qui analysent des pages à longueur d’année. Leurs observations sont utiles. Les pourcentages qu’ils avancent le sont beaucoup moins.
On lit ainsi des gains de 40%, 64%, 132%, jusqu’à 282% de conversions après telle modification. Ce sont des résultats d’agence rapportés par l’agence elle-même, sans échantillon publié, sans durée, sans méthode. Ce ne sont pas des mesures, ce sont des arguments commerciaux.
Le sens est probablement juste, ces changements aident. L’ampleur, elle, ne se cite pas.
⚠ Et une affirmation qu’il faut arrêter de répéter. On lit partout que le cerveau traiterait les images 60 000 fois plus vite que le texte. Ce chiffre ne renvoie à aucune étude identifiable. Il circule depuis des années par simple recopiage. Que les images comptent est vrai et se constate. Le chiffre, lui, est une légende.
Ce que vous pouvez faire à la place. Mesurez chez vous. Une modification à la fois, sur une durée suffisante, et en regardant les rendez-vous obtenus plutôt que les clics. C’est plus lent que de recopier un pourcentage, et c’est le seul chiffre qui vous concerne.
Par où commencer sans attendre
3 gestes, du plus rentable au plus lent.
1. Ouvrez votre page sur un téléphone et arrêtez-vous avant de descendre. Est-ce qu’on comprend le bénéfice, qui vous êtes, pourquoi vous croire, et quoi faire. S’il manque un des 4, vous venez de trouver votre priorité de la semaine.
2. Dépliez tout ce qui est replié. Avis, garanties, réponses aux objections. Une heure de travail, aucun risque.
3. Réécrivez vos titres de section. Relisez la page en ne lisant que les titres, et remplacez chaque titre creux par la réponse qu’il cachait.
Et une remarque pour finir, qui vaut pour tout le reste. Une page qui transforme bien mais qu’on rappelle en 3 jours ne sert à rien, cf le délai de rappel. La page n’est qu’une moitié du travail, l’autre moitié se joue après le clic, cf notre prestation Webmarketing et leads.
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