Beau site qui ne convertit pas, les vraies causes
David TouzetMise à jour le 4 août 202610 min de lectureC'est la situation la plus frustrante qui soit. Le site est réussi, tout le monde vous complimente, la facture est passée, et rien ne change côté demandes. Le réflexe est alors de refaire le design, ce qui coûte cher et ne règle presque jamais le problème. Parce que dans la quasi-totalité des cas, ce n'est pas l'esthétique qui bloque, c'est ce que la page demande au visiteur de faire.
Le site plaît au dirigeant, pas au client
Voilà l'erreur d'origine. Elle est presque invisible, parce qu'elle se commet toujours avec les meilleures intentions du monde.
Un site est validé par le dirigeant. Il regarde son logo, ses couleurs, ses photos, et il juge si cela lui ressemble. C'est légitime, c'est son entreprise.
Sauf que le visiteur ne cherche pas la même chose. Il arrive avec un problème, souvent depuis un moteur de recherche, et il se pose 3 questions en quelques secondes.
- Est-ce que ces gens font ce que je cherche ?
- Est-ce qu'ils le font près de chez moi ou pour mon cas ?
- Est-ce que je peux leur faire confiance ?
Un site validé sur le critère il me ressemble ne répond à aucune des 3. Il exprime une identité, il ne résout pas une situation.
Le correctif est simple à énoncer et difficile à accepter. Au moment de valider, ne vous demandez pas si le site vous plaît. Demandez-vous ce qu'une personne qui ne vous connaît pas comprend en 5 secondes. C'est le seul jury qui compte.
La page d'accueil qui parle de vous
Ouvrez votre page d'accueil et lisez la première phrase visible. Dans la grande majorité des cas, elle commence par votre nom, votre ancienneté ou votre passion.
Le visiteur, lui, ne vous connaît pas. Il n'a aucune raison de s'intéresser à votre histoire tant qu'il ne sait pas si vous pouvez l'aider.
Ce que la première phrase doit contenir.
- Ce que vous faites, en mots que votre client utiliserait lui-même, pas en vocabulaire de métier.
- Pour qui, avec le secteur ou la zone géographique quand c'est pertinent.
- Ce que ça change pour la personne qui vous lit.
Un exemple de bascule. Une entreprise familiale depuis 1987 devient dépannage de chaudière sous 24 heures sur la métropole de Montpellier. La première phrase flatte, la seconde fait décrocher le téléphone.
Votre histoire n'est pas inutile pour autant. Elle est décisive, mais plus bas, quand la personne est déjà intéressée et cherche à savoir à qui elle a affaire. C'est une question d'ordre, pas de contenu.
Le chemin qui n'existe pas
La cause la plus fréquente, et de loin la plus facile à corriger.
Beaucoup de sites soignés ne proposent aucune action claire. Il y a bien un bouton en haut à droite, et une page de contact dans le menu. C'est tout.
Le problème tient à un fait simple. Le visiteur ne décide pas au début de la page, il décide au moment où il est convaincu. Ce moment arrive n'importe où, après un argument, après un tarif, après une photo de réalisation. S'il doit alors remonter chercher un bouton, il ne le fait pas.
Ce qu'il faut mettre en place.
- Une action à la fin de chaque section qui convainc, pas une seule en bas de page.
- Un verbe précis plutôt qu'un mot vague. Demander un devis gratuit fonctionne mieux que Contact.
- Une seule action principale par page. 3 boutons de même importance côte à côte annulent leur effet.
- Le téléphone visible en permanence sur mobile, parce qu'une partie de vos clients n'écrira jamais.
Un contrôle rapide à faire aujourd'hui. Comptez le nombre de gestes entre l'arrivée sur votre page d'accueil et l'envoi d'un message. Au-delà de 3, vous perdez des gens à chaque étape.
La preuve absente
Un site peut être clair, bien écrit et rester sans effet, parce qu'il affirme sans démontrer.
Tout le monde écrit qu'il est sérieux, réactif et à l'écoute. Ces mots ne coûtent rien, donc ils ne valent rien. Ce qui déplace la décision, c'est ce que vous ne pourriez pas écrire si ce n'était pas vrai.
Par ordre d'efficacité.
- Des réalisations montrées, avec le contexte, le problème et le résultat. Une photo avant et après vaut 10 arguments.
- Des avis nominatifs, avec un prénom, une ville, une date. Un témoignage anonyme n'a aucune valeur.
- Des chiffres vérifiables sur votre activité. Nombre d'interventions, ancienneté, délai moyen.
- Des logos de clients ou de partenaires, quand vous avez le droit de les afficher.
L'emplacement compte autant que le contenu. Une preuve isolée sur une page dédiée ne sert presque à rien, personne n'y va. La même preuve placée juste au-dessus du formulaire agit au moment exact où la personne hésite.
Les études d'agences avancent des gains chiffrés sur ce point. Prenez-les avec précaution, elles sont rarement indépendantes. Le mécanisme, lui, est constant et vous pouvez le mesurer chez vous.
Le beau qui empêche de lire
Il existe une catégorie où le design est réellement en cause, mais pas de la façon qu'on imagine. Ce n'est pas qu'il est laid, c'est qu'il gêne la lecture.
Les fautes les plus courantes, dans l'ordre où elles coûtent cher.
- Le texte gris clair sur fond blanc. Élégant sur l'écran du graphiste, illisible en plein soleil sur un téléphone.
- Le texte posé sur une image, dont la lisibilité change selon la zone.
- Les caractères trop petits, en particulier dans les mentions et les formulaires.
- Les titres choisis pour leur taille plutôt que pour leur importance, ce qui casse la hiérarchie et empêche de survoler la page.
- L'espace vide mal employé, qui oblige à faire défiler longtemps entre 2 informations utiles.
Le point commun de ces fautes est édifiant. Elles viennent toutes d'une décision esthétique prise sur un grand écran, dans un bureau bien éclairé, par quelqu'un qui connaît déjà le contenu.
Le test qui les révèle toutes. Ouvrez votre site sur votre téléphone, dehors, en pleine journée. Ce qui reste lisible dans ces conditions est lisible partout.
Ce qu'il faut mesurer avant de refaire quoi que ce soit
Terminons par le plus important, parce que c'est l'étape que tout le monde saute.
Refaire un design sans avoir mesuré revient à changer de voiture parce qu'on s'est perdu. Vous dépenserez, et vous vous perdrez à nouveau.
Les 4 chiffres à connaître avant toute décision.
- Combien de visiteurs arrivent chaque mois, et par quel chemin.
- Sur quelles pages ils entrent. Ce n'est presque jamais la page d'accueil, ce qui change tout le raisonnement.
- Combien de demandes vous recevez, toutes sources confondues, et lesquelles viennent du site.
- Où ils partent, c'est-à-dire la dernière page vue avant de quitter.
Ces 4 chiffres transforment une opinion en diagnostic. Si vos visiteurs entrent par un article de blog et ne vont jamais plus loin, votre problème est le lien entre le contenu et l'offre, pas la page d'accueil. Si personne n'atteint le formulaire, le problème est le chemin. Si tout le monde l'atteint et repart, c'est la preuve qui manque.
Un dernier avertissement qui fait économiser beaucoup d'argent. Un site qui ne reçoit personne n'a pas de problème de conversion, il a un problème de visibilité. Refaire le design n'y changera rien. Dans ce cas, c'est du côté du référencement qu'il faut travailler, et notre article sur les sites générés par IA explique pourquoi un beau site interchangeable ne règle ni l'un ni l'autre.
Les liens à garder sous la main
Gardez ces pages ouvertes pendant que vous auditez votre site.
Questions fréquentes
Un site sur mesure, piloté par des experts
À Montpellier, on conçoit, développe et pilote votre présence web. Vous restez concentré sur vos clients, on gère la technique et le contenu.
Faire le point sur votre siteUne équipe IA qui accélère votre visibilité
SEO, rédaction, réseaux sociaux, publicité et veille. 12 agents IA métier travaillent en continu pour générer du trafic et des leads.
Voir les 12 agents