Mention IA obligatoire, ce que la loi impose
Depuis le 2 août 2026, une entreprise qui publie un contenu généré par intelligence artificielle doit le signaler. Pas seulement les grands groupes, pas seulement les médias. Aucun seuil de taille n’est prévu. Voici les 4 situations visées, le calendrier réel avec son report partiel, et la règle simple qui met une PME à l’abri sans abîmer ses pages.
Article 50, les 4 situations concernées
Le texte ne parle pas de design, ni de marketing. Il parle d’information des personnes, et il vise 4 cas précis.
- Une personne parle à une machine. Agent conversationnel, assistant sur un site, répondeur automatique. Elle doit savoir qu’elle ne parle pas à un humain, sauf si c’est évident pour n’importe qui.
- Un contenu a été généré artificiellement. Image, son, vidéo ou texte produit par un système. Le contenu doit porter une marque exploitable par une machine, pour rester identifiable en circulant.
- Une image ou une vidéo imite le réel. Un visage, une voix, un lieu existants, reconstitués au point de tromper. C’est le cas le plus strictement encadré.
- Un système analyse les émotions ou catégorise des personnes à partir de données biométriques. Les personnes concernées doivent en être informées.
Deux de ces 4 situations concernent la quasi-totalité des sites d’entreprise. L’agent conversationnel et les visuels générés. Les 2 autres relèvent d’usages plus rares, mais leur régime est nettement plus sévère.

Qui est concerné, PME comprises
C’est le point que la plupart des dirigeants découvrent trop tard.
Le texte ne prévoit aucun seuil. Ni de taille, ni de chiffre d’affaires, ni de nombre de salariés. Il ne prévoit pas non plus de classification de risque, contrairement au reste du règlement où seuls les usages dits à haut risque déclenchent des obligations lourdes. Ici, le déclencheur est unique, publier ou exposer un contenu généré face au public.
Concrètement, sont concernés dès aujourd’hui.
- Le site d’un artisan qui a installé un agent conversationnel pour prendre les demandes de devis.
- Une boutique en ligne dont les visuels de mise en situation ont été produits par un modèle.
- Un club, une association, un cabinet qui publie des visuels de communication générés.
- Une agence qui livre ces contenus à ses clients, avec la question de savoir qui, du prestataire ou du client, porte l’obligation.
Sur ce dernier point, la réponse pratique est simple. Celui qui publie répond de ce qu’il publie. Un prestataire qui livre sans prévenir expose son client, et se met en difficulté le jour où le client s’en aperçoit.
Les sanctions prévues au règlement montent jusqu’à 15 millions d’euros ou 3% du chiffre d’affaires mondial. Pour une PME, le risque immédiat n’est pas là. Il est dans le signalement d’un concurrent, la réclamation d’un client, et la perte de confiance qui suit.
Une seconde obligation européenne suit la même logique et vise en partie les mêmes entreprises, l’accessibilité numérique. Elle s’applique depuis juin 2025 et ses premiers contrôles sont annoncés. Le test qui dit si vous êtes visé tient en 2 questions, nous l’avons détaillé dans accessibilité numérique, êtes-vous concerné.
Calendrier, 2 août 2026 et report de décembre
Il circule une confusion utile à lever, parce qu’elle donne l’impression fausse qu’on a jusqu’à la fin de l’année.
Le 2 août 2026, les obligations de transparence entrent en application. L’information du visiteur qui dialogue avec une machine, la divulgation des contenus qui imitent le réel, l’information sur l’analyse des émotions. Tout cela s’applique dès maintenant.
Un aménagement repousse au 2 décembre 2026 une seule chose, le marquage automatique des contenus par les systèmes déjà présents sur le marché. C’est la partie technique, celle qui inscrit dans le fichier lui-même une empreinte lisible par une machine. Elle dépend des éditeurs d’outils plus que de vous.
La lecture pratique tient en une phrase. Ce que vous devez écrire sur vos pages, c’est maintenant. Ce que l’outil doit inscrire dans le fichier, c’est décembre. Ne pas confondre les 2 évite de découvrir en novembre qu’on était en retard depuis l’été.

Quand annoncer un visuel généré par IA
Le texte est juridique, votre quotidien ne l’est pas. Voici la règle que nous appliquons en interne, plus simple que la loi et volontairement plus stricte.
On annonce dès qu’un contenu pourrait passer pour une capture du réel. Une photo de vos locaux, de votre équipe, de votre atelier, un témoignage, une voix. Si un visiteur peut croire que la scène a existé, il doit savoir qu’elle n’a pas existé.
Cette règle se décline en 3 niveaux, du plus anodin au plus sensible.
- Le décor recomposé. Un fond remplacé, une lumière retravaillée, une ambiance créée autour d’un produit réel. Peu d’enjeu, une mention discrète suffit largement.
- Le produit modifié. Là, le problème n’est plus légal, il est commercial. Un produit dont la forme, la couleur ou la taille changent d’une image à l’autre crée un écart entre ce qui est promis et ce qui sera livré. C’est la seule règle qui ne se négocie jamais, le produit reste strictement identique.
- La personne inventée. Un visage, une voix, un témoignage. C’est le cas le plus encadré et le plus risqué pour la réputation. Un faux client qui recommande votre service est un problème d’une autre nature qu’un joli fond.
Sur la forme de l’annonce, restez sobre. Une ligne sous un visuel, une phrase d’accueil dans un agent conversationnel, une mention groupée en pied de page pour une série. L’obligation est d’informer clairement, pas d’alerter. Un bandeau anxiogène coûte plus de conversions que la mention n’en aurait fait perdre.

Coût des visuels IA et règles de production
Il serait dommage de retenir de tout ceci qu’il faut arrêter. L’écart économique reste considérable, et il ne se refermera pas.
Les ordres de grandeur du marché sont connus. Un visuel produit sur fond neutre se situe entre 25 et 150 euros. Un visuel en situation entre 150 et 500 euros. Une centaine de variantes en studio entre 1 500 et 8 000 euros. La production assistée déplace ces chiffres d’un facteur important, et surtout elle change la nature du travail.
Car le vrai gain n’est pas le prix unitaire, il est ailleurs. C’est le nombre d’essais. Un studio produit une ambiance par journée de tournage. Vous pouvez désormais décliner un même produit par marché, par saison, par offre, et garder ce qui fonctionne. Ce n’est pas la même économie, c’est un autre métier.
Trois garde-fous suffisent à en profiter sans se mettre en danger.
- Une référence unique, figée. Toutes les déclinaisons partent de la même image de départ, sur fond neutre. C’est ce qui garantit que le produit ne dérive pas au fil de la série.
- Un contrôle humain sur chaque sortie. Les défauts se sont déplacés, ils ne sont plus dans le rendu global mais dans les détails, un texte illisible sur un emballage, une main improbable, une proportion fausse.
- La mention, posée dès la mise en ligne. L’ajouter après coup sur 200 visuels coûte infiniment plus cher que de la prévoir à la production.
Le reste relève du même travail de fond que le design lui-même. Un visuel généré sans direction ressemble à tous les autres, exactement comme les sites générés sans direction se ressemblent tous. La conformité règle la question de l’honnêteté, elle ne règle pas celle de la différence.

Les liens utiles à garder sous la main
Gardez ces pages ouvertes pour votre mise en conformité.
Questions fréquentes
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